eglise protestante
evangelique de vannes

Extrait du dictionnaire biographique des protestants français

CHARLES YVON

“Pasteur fondateur du Centre Missionnaire Evangélique de Bretagne. Morlaix, 13 septembre 1938.

Fils de François Charles et de Françoise Masson, une infirmière baptiste qui a fait ses études chez les Diaconesses de Reuilly, il est le cousin germain du pasteur réformé Bernard Charles (v. notice). Formé au journalisme, puis devenu pasteur en 1962, il créé en 1966 à Carhaix le Centre Missionnaire Evangélique de Bretagne (CMEB), qui se situe dans la lignée des oeuvres d’évangélisation mises en place au XIXè siècle par les missionnaires gallois en Bretagne : Eglise locale, équipe missionnaire communautaire, lieu de retraites spirituelles, de formation pastorale, d’édition... De très nombreux jeunes et pasteurs, de différentes dénominations, sont venus y suivre des stages et des formations complémentaires ; l’Action internationale du Centre missionnaire (AICM) les regroupe.Y. Charles a fondé un groupe scout («Ar Menez», 1969, membre des Eclaireurs unionistes) et une association («L’Aventure scoute aujourd’hui», ou encore «Association des scouts chrétiens évangéliques», 1980), qui est à l’origine de plusieurs groupes de scoutisme en France, Suisse, Espagne, et jusqu’au Burkina-Faso. Il est encore à l’origine de trois revues, Femme chrétienne (depuis 1968), Les Documents Expériences (depuis 1971, diffusé dans quelque 30 pays), Regard d’espérance (un mensuel local gratuit, édité à près de 9000 exemplaires). Au début du XXIè siècle, le CMEB regroupe quelque 70 membres, les laïcs travaillant pour la plupart à l’extérieur et mettant en commun leurs ressources.

Yvon Charles a consacré une grande partie de sa vie à l’oeucuménisme, à la fois interne aux différents protestantismes et externe.Avec Clément Le Cossec (v. notice), dont il est un proche et aux côtés duquel il collabore à la rédaction et l’édition des Documents Vie et Lumière, il se rend au Conseil oeucuménique des Eglises puis, en 1970, aux Etats-Unis pour y enquêter sur les catholiques charismatiques. Ils rencontrent notamment Kevin Ranaghan (auteur avec son épouse du Retour de l’Esprit, traduit au Cerf par les moniales du Bel-Helluin, en 1972) puis, au Québec, le religieux trinitaire Jean-Paul Regimbal, appelé à devenir un des principaux diffuseurs du courant charismatique dans le catholicisme français. Yvon Charles l’invite fin 1971 au CMEB, puis le conduit à l’abbaye cistercienne bretonne de Timadeuc ; le centre de Carhaix a accueilli par la suite de futurs responsables catholiques du Renouveau, tels soeur Simone Chesnay (à l’origine de Notre-Dame-de-Joie, à Rennes) et frèreGérard Peucelle (un des dirigeants de la Demeure Notre-Père, en Ardèche). Charles et Le Cossec ont ensuite pris des distances face à un Renouveau charismatique français dans lequel les catholiques commençaient à devenir majoritaires. Leur rôle n’aura pas moins été très important au début du mouvement. Charles a participé, dès leur origine en 1974, aux rencontres oeucuméniques nationales de Chantilly, et a établi des contacts avec les chrétiens d’Orient, des orthodoxes, le Vatican, le judaïsme français et israélien. Il a participé aux travaux de la FPF, dont le département de recherches communautaires s’est réuni au CMEB à deux reprises, en 1980 et en 2000.

PATRICK CABANEL
Sources : correspondances avec le pasteur Franck Keller, 2013. Olivier Landron, Les Communautés nouvelles. Nouveaux visages du catholicisme français, Ed. du Cerf, 2004, p. 194-197. Sébastien Fath, Du ghetto au réseau. Le protestantisme évangélique en France 1800-2005, Labor et Fides, 2005, passim.”